|
L'Enfant et la Mort - Extrait : Chapitre 4
Posté à la fenêtre de sa chambre, Sam tendait le visage vers le ciel à la recherche de la lune. Il devinait sa présence à sa lueur sur les nuages. Les étoiles aussi ont disparu, observa-t-il. Pourquoi la lumière disparaît-elle quand le soir tombe ?
Pour le rassurer, sa mère lui avait expliqué que le soleil partait chaque nuit éclairer la Chine et revenait invariablement le lendemain matin. Malgré ces paroles rassurantes, l’inquiétude l’envahissait chaque soir lentement. Et si je parvenais à me déplacer avec le soleil, je pourrais suivre la lumière et ne jamais connaître l’obscurité ? Conscient de son impuissance d’enfant, il jeta un regard alentour : comment vivre dans les ténèbres ? Où m’enfuir quand l’obscurité est totale ?
Il ne trouvait en lui aucune réponse, rien d’autre que sa peur face à l’inconnu.
Résigné, Sam se dirigea vers son lit et enjamba les jouets qui traînaient sur le sol. Comme tous les soirs, il craignait de faire des cauchemars. Il redoutait la vague qui l’engloutissait et le terrifiait toujours au crépuscule : il était hanté par l’obscurité. Par le vide. Par le rien.
(...)
L’épuisement le gagnait, la peur de céder au sommeil aussi : la frontière entre rêve et veille, monde visible et invisible, était si ténue. Sa tête bouillonnait sous le feu des questions sans réponse. Quand je dors, où est-ce que je vais ? Qui veille sur moi quand je dors ? Où va le monde invisible dans la nuit ?
|